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 L’élevage industriel en question : de l’animal à l’homme ...

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Wolf-alone
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MessageSujet: L’élevage industriel en question : de l’animal à l’homme ...   Jeu 27 Mar - 12:11

L’élevage industriel en question : de l’animal à l’homme et à la planète…


À l’origine était la domestication. En élevant bœufs, moutons, cochons, poulets, l’homme se garantissait une réserve de protéines disponibles, et n’avait plus besoin de partir pour de longues chasses dangereuses et au résultat incertain. Cela lui permit de se sédentariser et d’améliorer nettement ses conditions de vie. Mais qu’en est-il de l’élevage aujourd’hui ?

Un problème de santé public

Aujourd’hui, tous les nutritionnistes s’accordent à dire que la consommation en viande est trop importante dans les pays occidentaux Cela engendre de nombreux problèmes de santé, y compris un risque élevé d’accidents cardio-vasculaires. Malgré cela, consommer souvent de la viande, et de la viande rouge en particulier, demeure assimilé à un confort indispensable. C’est là une conséquence de la demande sociale à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale.
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L’élevage hors-sol

Pour répondre à une demande toujours plus grande en protéines animales, l’élevage a dû changer. Il lui faut obéir aux dures lois de l’économie de marché, c’est-à-dire produire le plus possible, le plus rapidement et à un moindre coût. C’est donc développée une forme d’élevage, intensif, qualifié d’industriel. Mais quelles que soient les lois du marché, la production reste ici tributaire de sa propre nature, car en produisant du « vivant » on joue avec un équilibre fragile. Et c’est avant tout aux lois du vivant qu’il faut s’adapter.

La zootechnie
La zootechnie est la science de l’élevage, dont l’objectif est d’optimiser la « production animale ». Cela signifie non seulement déterminer la nourriture idéale pour un meilleur rendement, mais aussi créer de nouvelles races, plus productives, et mieux adaptées aux conditions de captivité.

Un système complexe étendu

Rappelons que l’élevage est au cœur d’un système complexe. En effet, s’il faut de plus en plus de bétail pour la consommation humaine, il faut également cultiver de plus en plus de végétaux pour nourrir ce bétail, et de plus en plus d’eau et d’engrais pour faire pousser ces végétaux…



Le problème de l’eau

L’élevage représente 70% de la consommation d’eau en France, en particulier à cause des plantations de maïs, grand consommateur d’eau, qui lui sont destinées !

L’activité agricole française représente, pour la seule irrigation, la moitié de la consommation annuelle en eau, et jusqu’à 80% de la consommation estivale. Et plus de la moitié de la surface irriguée est dédiée à la culture du maïs, comme le rappelle le rapport ministériel « agriculture et environnement », paru en 2005.

À une époque où l’eau devient une ressource rare, il serait bon d’envisager une autre solution…

La pâture comme critère de qualité pour les bovins
Cette autre solution peut consister à revenir à un élevage traditionnel en pâture. C’est une pratique encore en vigueur et qui est associé à un critère de qualité. La race Maine-Anjou (ou Rouge des Prés) de la région angevine, a ainsi pu obtenir une AOC, avec un cahier des charges incluant cette méthode (au moins 8 mois de pâture). On notera également que les OGM y sont interdits, que le transport vers le lieu d’abatage doit durer au maximum 6 heures, et que ce dernier doit avoir lieu dans les 3h après arrivée. (Noury, 2005)

Mais le problème de la pâture est, pour de nombreux producteurs, qu’elle ne permet pas de produire en quantité suffisante et dans un délai suffisamment court. L’engraissement est trop lent…

Un problème de temps
Le temps est un facteur grandement pris en compte par les éleveurs. Les animaux doivent occuper le moins longtemps possible les locaux, et donner le moins de travail, question de rentabilité.

Dans les élevages de volaille, les poussins de chair sont élevés en seulement 41 jours. En résulte pour le consommateur une viande certes à un prix accessible, mais de médiocre qualité, peu goûteuse, et réduisant fortement à la cuisson. Dès lors un critère de qualité devient la durée d’élevage avant abatage (81 jours par exemple pour un label rouge).

Chez les éleveurs de bovins, une pratique courante, en particulier depuis l’interdiction des anabolisants (en 1988), consiste à faire saillir les femelles de réforme (issue des troupeaux laitiers et allaitants, donc amaigries) trois mois avant l’abattage pour en stimuler la croissance (l’engraissement). Pourtant les scientifiques doutent d’un effet réel de la gestation à ce stade. Les femelles de réforme représentent un tiers de la viande bovine en Europe, et plus de la moitié (54,3%) en France. (Cabaraux, 2005)

Une conséquence non négligeable pour le consommateur
Les méthodes d’élevage sont étudiées et développées pour une rentabilité maximale. On l’a vu, du poulet à la vache, tous doivent grossir le plus vite possible, pour minimiser les coûts de production, et faire baisser le prix de vente. Mais cette forme d’élevage a une conséquence directe pour le consommateur. Si, désormais, il peut acheter souvent de la viande, celle-ci a perdu un grand nombre de ses qualités organoleptiques (de goût notamment).

Des conditions de vie sanitairement discutables pour l’animal
Les conditions d’élevage intensif des animaux soulèvent également une question d’ordre sanitaire.

Un grand nombre d’animaux coexistant dans un espace réduit pose évidemment des problèmes d’épidémie. Les antibiotiques ont été largement utilisés à titre préventif, curatif, mais aussi comme stimulateurs de croissance, et ont ainsi contribué à la sélection de souches bactériennes résistantes, non seulement chez les volailles ou les porcs, mais également chez l’homme. Depuis le 1er janvier 2006, leur utilisation comme facteur de croissance est définitivement interdite en Europe.

En outre, ces conditions d’élevage ne permettent pas un contrôle strict de la qualité de l’air et de la température. En 2003, au moins 2 millions de poulets et 35 000 porcs sont morts de chaleur suite à une canicule…

Et que penser également des brûlures dues au lisier, conséquence d’une litière qui n’est pas changée pendant la phase de croissance des poussins ?

Conséquences sur la santé de l’animal

L’élevage intensif a également des conséquences non négligeables sur la santé des animaux.

Les poulets de chair, par exemple, voient leurs muscles se développer trop vite, et leurs pattes, et même leur cœur ont dû mal à suivre… En résultent de nombreux accidents cardiaques, et des troubles de la locomotion associés à des problèmes douloureux aux pattes (déformations, fractures …).

En outre, les organismes, ainsi affaiblis, sont particulièrement sensibles aux germes. Ces élevages sont donc de potentiels foyers épidémiques particulièrement dangereux.

Des épidémies
L’épidémie de « vache folle » (Encéphalite Spongiforme Bovine) a été causée et amplifiée par un nourrissage des vaches, pourtant herbivores, avec des farines animales. C’est-à-dire, qu’on a nourri les vaches avec des produits issus de l’équarrissage, donc avec d’autres vaches mais aussi avec du mouton ! Le prion, à l’origine de cette maladie, a ainsi pu passer du mouton (où il s’exprime en tant que « tremblante du mouton ») à la vache pour finalement infecter l’homme (c’est la maladie de Creutzfeldt – Jacob). N’oublions pas que ce que l’on donne à manger à ce qui sera notre nourriture finit aussi dans notre assiette …
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Wolf-alone
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MessageSujet: Re: L’élevage industriel en question : de l’animal à l’homme ...   Jeu 27 Mar - 12:14

L’épidémie de grippe aviaire, qui vient d’atteindre la France, a également de fortes chances d’être aidée par les élevages intensifs. En effet, en regroupant des animaux affaiblis et en très grand nombre, ils mettent à la disposition du virus des conditions idéales pour son développement. Reste à savoir s’il sera à l’origine d’une pandémie humaine (épidémie de très grande ampleur).

Conséquences sur le comportement de l’animal

Le comportement de l’animal est lourdement affecté dans les élevages intensifs. Ses besoins fondamentaux en termes de comportement ne sont pas pris en compte. Les poules pondeuses son enfermées de minuscules cages où elles ne peuvent pas bouger, les truies ne peuvent se soustraire à leurs petits qui cherchent sans arrêt à téter, les veaux sont tenus dans un état anémique (pour que leur viande soit blanche) et loin de leur mère.

Les animaux subissent stress et souffrances multiples. Ils développent des comportements agonistiques à l’égard de leurs congénères, stéréotypés, ou s’automutilent par ennui ou frustration. Mais pour chaque problème il y a une solution simple : à la caudophagie des porcs, on répond par la caudectomie ; au picage chez les poulets, par le débecquage ; aux manifestations agressives des bovins, par l’écornage et la pose d’œillères… Les manifestations physiologiques, elles, bien sûr, perdurent : diminution de l’appétit et de l’activité génésique, ulcères gastro-oesophagiens, affections cardio-vasculaires…

Le bien-être
Plusieurs études scientifiques tendent à démontrer les conséquences néfastes du stress sur la productivité (sur la qualité de la viande, le nombre d’oeufs pondus, etc.). Le bien-être de l’animal d’élevage est donc sur le point d’être pris en compte par les éleveurs. Il est démontré par exemple, que les bovins ont un comportement social relativement complexe. Ne pas tenir compte des relations de dominance, qui canalisent l’agressivité, ou d’affinités, qui assurent la cohésion du groupe, c’est générer du stress et nuire à la production. (Bouissou, 2005)

En outre, le stress affaiblit le système immunitaire et accroît la sensibilité de l’animal aux agents pathogènes, accroissant encore les risques d’épidémie. (Merlot, 2004)

Conséquences pour l’homme

On a vu que produits et sous-produits animaux issus de l’élevage industriel étaient de valeur nutritive et gustative amoindrie. Or les produits issus d’élevages extensifs, où l’animal est élevé dans des conditions acceptables, où ses besoins sont pris en compte, sont beaucoup plus chers. N’est-on pas alors en train de réaliser une nouvelle forme de clivage de la société ? Car dans ces conditions, seules les classes les plus aisées ont accès à une nourriture saine et goûteuse…

Une conséquence bien plus grave reste cependant les risques sanitaires liés aux élevages intensifs. Il y a, bien sûr, la maladie de Creutzfeldt – Jacob, dont l’impact est encore loin d’être mesuré, mais il y a certainement d’autres risques infectieux encore inconnus... Dont des équipes spécialisées de l’INRA surveillent l’apparition…

Mais la plus importante victime de l’élevage reste sans nul doute notre planète.

La pollution des eaux

On a vu que l’élevage intensif était fortement lié à l’agriculture intensive. Leurs effets se cumulent pour polluer l’environnement, et en particulier les eaux, souterraines et de surface. Dans le rapport ministériel « agriculture et environnement » paru en 2005, il est écrit que la contamination des eaux par les pesticides est préoccupante. Et en effet, il y est précisé que : « 46 % des points surveillés en rivière relèvent de classes moyennes à mauvaises, dépassant ainsi le seuil officiel de potabilité ; ce taux est de 25 % pour les eaux souterraines. »

L’eutrophisation des milieux aquatiques
Les deux tiers des pollutions d’origine azotée actuelles auraient pour origine les activités agricoles, dont, bien sûr, l’élevage intensif. En Bretagne, où il existe une grande concentration de ce type d’élevage, la situation est particulièrement dramatique.

Outre une forte pollution des eaux par les nitrates, le phosphore apporté en grande quantité par les effluents d’élevage et par les engrais, est à l’origine de l’eutrophisation (enrichissement en éléments nutritifs) des milieux aquatiques.

Les conditions sont alors idéales pour la prolifération de certaines cyanobactéries qui, en fixant l’azote atmosphérique et en le métabolisant, enrichissent les milieux aquatiques, favorisant ainsi la prolifération de différentes espèces d’algues. La lumière, réduite par cette prolifération, induit le développement d’autres espèces cyanobactériennes. Or les cyanobactéries sont particulièrement grosses et toxiques. Elles n’ont donc pas de prédateurs et finissent par dominer le peuplement algal, et par rendre les conditions de vie anoxiques. L’anoxie (absence d’oxygène) a deux conséquences. D’une part, elle interdit toute forme de vie supérieure (comme les poissons ou les crustacés), d’autre part, elle entraîne, par un mécanisme biochimique, la libération du phosphore fixé dans le sédiment, qui vient aggraver encore la situation… Notons que la pollution par les nitrates limite, dans une certaine mesure, les conséquences de la pollution par les phosphates ! (Barroin, 2003)

En outre, l’activité agricole est à l’origine de 98% des émissions atmosphériques d’ammoniac et leurs retombées sont potentiellement toxiques et fortement consommatrices d’oxygène. (Rapport agriculture et environnement de 2005)

Une conséquence
On peut observer les conséquences de cette pollution en Bretagne par exemple, où le littoral est régulièrement envahi par différentes algues toxiques, comme les Dinophysis (dont certaines espèces produisent des toxines diarrhéiques), ou les Alexandrium (dont certaines espèces produisent des toxines paralysantes). Les coquillages, dans lesquels on retrouve les toxines, deviennent impropres à la consommation et sont interdits à la vente… Mais on peut penser aussi à ses algues vertes puantes qui doivent faire l’objet d’un ramasse régulier depuis une quinzaine d’années…

Une contribution au réchauffement de la planète
La pollution des eaux n’est malheureusement pas le seul problème. L’air est aussi pollué. Le rapport ministériel « Agriculture et environnement », indique ainsi que certains produits phytosanitaires employés sont à l’origine de pollutions ponctuelles, mais surtout que 20% des émissions nationales de gaz à effet de serre sont le fait des élevages et de la dégradation des engrais minéraux :

« Les activités agricoles constituent en effet la principale source de production et d’émission de protoxyde d’azote (76 % des émissions nationales) et de méthane (70 % des émissions nationales) ».

Vers un avenir incertain…

Si l’élevage a longtemps bénéficié à l’homme, la façon dont il est pratiqué aujourd’hui lui nuit énormément. L’homme est profondément affecté par les conséquences désastreuses des pratiques contemporaines, mais d’autres espèces animales le sont également, ainsi qu’à une plus grande échelle, la planète elle-même. C’est une véritable catastrophe écologique ! Sa pratique de l’élevage perturbe l’équilibre des écosystèmes où il est mis en œuvre, tendant ainsi à y modifier profondément les conditions de vie. Il rend alors l’environnement peu propice au maintien des formes de vie qui y sont installées, et dont il fait pourtant partie…

De plus, le manque d’éthique dont il fait preuve dans le traitement des animaux de rente, a un écho direct sur le bien être de ces animaux, qui a pour conséquence la diminution de la qualité de leurs sous-produits, ainsi que l’augmentation d’un risque épidémiologique non négligeable.

Rappelons pour conclure, cette citation de Marguerite Yourcenar :

« Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-même, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir. »

Références Bibliographiques
Barroin, G. (2003) : Gestion des risques. Santé et environnement : le cas des nitrates Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques, Assises internationales envirobio 13-14/11/2000 Paris, Le Courrier de l'environnement n°48, février 2003

Bouissou, M.F., Boissy, A. (2005) : Le comportement social des bovins et ses conséquences en élevage, INRA, Prod. Anim., 18(2), pp : 87-99

Cabaraux, J.F., Dufrasne, I., Roux, M., Istasse, L., Hornicki, J.L. (2005) : La production de viande bovine à partir de femelles de réforme, INRA, Prod. Anim., 18(1), pp : 37-48

Merlot, E. (2004) : Conséquences du stress sur la fonction immunitaire chez les animaux d’élevage, INRA, Prod. Anim., 17(4), pp : 255-264

Noury, J.M ., de Fontguyon, G., Sans, P. (2005) : La construction collective de la qualité sur un territoire : l’exemple de l’appellation d’origine controlée «Maine-Anjou» en viande bovine, INRA, Prod. Anim., 18(2), pp : 111-118

Ministère de l’écologie (2005) : Agriculture et environnement - Rapport à la commission des comptes et de l'économie de l'environnement, Editions de la Documentation Française, Collection Réponses environnement


Source : One voice

http://www.onevoice-ear.org/campagnes/elevage_industriel/catastrophe_ecologique.html


Écrivez à vos élus (députés, ministres…), aux différents distributeurs (marques, supermarchés…). [/color]
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